Marie-Étienne ou Étienne PELTIER

( 1762 -
1809 ? )

En attendant de pouvoir lui reconstituer "un visage",
voici:
ses
états de services:
d'après le lettre du conservateur,
Direction des archives de France - Archives Nationales - Section Outre-Mer à Gaëtan de Langlais.

ses périples.

et l'histoire de la
"prise de L'Elisa" à la quelle il participa.


extrait d' une lettre de lui datée de Paramaribo (Surinam) du 25 nivôse de l'an VI (14 janvier 1798), l'ensemble des lettres relatant son périple sont parues dans la Feuille Nantaise du 4 prairial an VI (23 mai 1798), consultable à la Médiathèque de la ville de Nantes.


La vie de Marie-Étienne PELTIER a fait l'objet d'un livre à paraître en décembre 2017 aux Éditions Coiffard, 216 pages, illustrations en couleurs :

Marie-Étienne Peltier, capitaine corsaire de la République


. Marie-Étienne, est né en Anjou à Gonnord le 6 janvier 1762, comme son frère Jean-Gabriel Peltier, se sentant Breton il prétendait être né à Nantes ! ce qui ne facilite pas les recherches généalogiques... Après de solides études, ce grand gaillard pour l'époque (1m75) s'embarqua sur des navires de commerce.

En 1781 on trouve son nom sur le rôle d'armement de la "Jeune Héloîse" bateau de l'armement familial (Pelletier-Dudoyer, Carier), en partance pour l'Isle de France (Ile Maurice aujourd'hui), qu'il accompagne jusqu'à Brest. En 1782 il avait déja effectué 1 campagne et 4 voyages, quand il repart sur "La Bienfaisance". Puis il va naviguer sur 2 navires mythiques pour les Acadiens de Louisiane: "Le Saint-Rémy" et "Le Bon Papa"; en 1784 il embarque à 22 ans sur le "Le Saint Rémy", armé de 4 canons et allant à Saint Marc et au Port au Prince (Saint-Domingue), et en 1785 à 23 ans, il est 2ème Capitaine sur le "Bon Papa" allant à Saint-Marc en passant par la Louisiane pour y emmener des Acadiens à la demande du roi Charles III d'Espagne. 

Suit une période de 10 ans dont nous ne savons rien à ce jour, le "Matricule des volontaires sur les bâtiments marchands" aux Archives Départemetales de Loire Atlantique indique laconiquement: "1788, sans nouvelle"... .

Pendant la Révolution la plus part des navires furent armés "en course", son père Jean Peltier-Dudoyer, ayant déjà armé en 1779 un bateau corsaire "Le Zéphir" pour accompagner les transports d'armes aux "Insurgent" américains, il n'est pas étonnant que Marie-Étienne réapparaisse en 1795:

- A 33 ans, il est officier sur "L'Égalité", bateau corsaire de Calais, il a droit à 8 parts, comme capitaine, sur la prise du brigantin "Everton", vendu à Charleston (Caroline du Sud - USA) le 20 juin 1795.

- puis le 2 décembre 1796 il commande "L'Aventure", bateau corsaire de 16 canons, 65 hommes d'équipage armé à Calais.

Fait prisonnier deux fois par les Anglais en l'An IV pendant 3 mois (vers 1796) et en l'An V, il goûte aux pontons pendant que son frère Jean-Gabriel vit sa vie d'émigré à Londres ! Il sera sans doute l'objet d'échanges, car il ne faut pas confondre pirate et corsaire, les corsaires en cas de capture étaient considérés comme prisonniers de guerre. Les échanges se faisaient alors homme pour homme, grade pour grade et étaient l'objet d'un "cartel d'échange" préétabli.

Ponton anglais

- Le 2 novembre 1797, il embarque, comme capitaine en second et devient capitaine sur le corsaire le "Barbier de Séville" , armateur Grelier de Nantes. Marie-Étienne pendant 4 mois va bourlinguer dans l'Atlantique-Sud, au cours de ce voyage il prend:
. "L'Elisa"
bateau anglais de Liverpool, armé de 16 canons, il est blessé lui-même au cours du combat et doit faire escale à Paramaribo (Surinam) pour faire soigner ses blessés.
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"La Cecilia", trois mats anglais allant de Glasgow à Demarary, bateau que l'ennemi reprendra à Deguer, son premier lieutenant, quelques jours après,
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un 3 mats revendu à Guayra (Venezuela) pour payer la remise en état du Barbier de Séville et
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"Le Larck" brick anglais revendu par l'armateur Grelier à Santander (Espagne) en mai 1798.
C'est ce long voyage, fait de courage et de souffrance que la "Feuille Nantaise" relate à l'initiative de son armateur.

- Le 23 juillet 1798, à la suite de son courage pendant la prise de "L'Elisa", par une lettre de l'Amiral E. Bruix, ministre de la Marine, il est autorisé à commander "La Virginie" portant 18 canons, appartenant au citoyen Basterreche de Bayonne. A-t-il commandé "La Virginie" ?

- En décembre 1798, il est capitaine du corsaire de Bayonne "Le Hussard ", 20 canons, appartenant aux citoyens Basterreche frères, avec le quel il entame un nouveau périple dans l'Atlantique. Il s'empare ainsi:
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le 7 janvier 1799 de la prise américaine "La Carolina", trois mats armé de 10 canons, venant de Londres. On trouve une attestation à Ténérife, enrégistrant un acte de vente le 30 janvier 1799 de celle-ci entre le citoyen Marie-Étienne Peltier et Mr James Bary. Cette étonnante prise se passe pendant l'état de quasi-guerre entre la France et les États-Unis, à la même époque Surcouf dans l'Océan Indien s'empare également d'une prise américaine. 
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de la prise portugaise le "Phaëton" qu'il a amené le 4 mai 1799 en Guyane française.

Il a fait 7 prises ! malheureusement la dispersion de ces prises et de leurs lieux de ventes n'ont pas frappé les esprits, c'est ainsi qu'il est tombé dans l'oubli. Son prénom "Marie-Etienne" a du étonner, on le retrouve inscrit sous le nom d'Etienne-Marie ou d'Étienne, l'orthographe de son nom qui varie: Peltier, Pelletier ou Le Pelletier ne facilite pas le rapprochement de ses exploits. Enfin comment se souvenir de quel qu'un né dans une commune qui n'existe plus... Gonnord a fusionné pour devenir Valanjou.

Pendant la République, le Directoire et le Consulat il mene ainsi une vie d'aventures de l'Amérique du Nord au Sud, des Antilles aux Canaries et à Madagascar, séjournant à Nantes pendant ses escales, comme le prouve l'attestation du maire de Nantes du 25 mars 1802, attestation destinée sans doute à prouver qu'il n'avait pas un émigré.


Anne PELTIER, née Rivière de la Souchère, à la fin de sa vie
A 38 ans, il trouve un moment le 10 floréal an VIII (30 avril 1800) pour épouser à Paris une jeune fille de 20 ans: Anne Rivière-Souchère (ou de la Souchère) avec qui il vivra à Nantes, de cette union naîtra à Paris le 6 pluviose an IX (26 janvier 1801) Marie, Françoise, Hipolitte Peltier qui deviendra "Fanny" de Langlais, sur l'acte de naissance la profession du père est "propriétaire colon, ancien marin".

Les familles Peltier et Rivière devaient se connaître, ils avaient des amis communs les Archambault, on retrouve un Pierre Archambault, chirurgien sur le Saint-Rémy (Armement Pelletier) en 1785 et un Jacques Archambault, capitaine de navire, au baptème de Sophie Jeanne Rivière le 14 décembre 1782.

On peut remarquer que peu après son mariage, en avril 1802, on fait faire des attestations de services qui sont déposées en vue de reconstituer sa carrière. Est-il à un carrefour de sa vie, la Course étant suspendue par la paix d'Amiens, ou est-il mort ? Les démarches étant faites alors par sa veuve pour toucher une pension ?

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D'après une lettre de sa fille, datée de 1819, il serait mort à Madagascar.

S'il a eu une seconde vie, qu'a-t-il fait dans cette seconde vie peut-être très courte ? Planteur à Saint-Domingue ou pirate ? Repose-t-il dans un de ces cimetières cachés du peuple marin Vezo ou dans le cimetière des Pirates de l'île Sainte-Marie à Madagascar ?

Il laissa une famille dans la détresse, son beau-père Jean-Baptiste Rivière-Souchère qui était retourné à Saint-Domingue avec tous ses titres de propriétés, est mort de la fièvre jaune à Port-au-Prince en 1802 sans avoir pu récupérer ses biens. Aussi, Ainsi, faute de titres, sa fille n'a jamais pu être indemnisée ! Les Peltier ne sont pas mieux lotis: banqueroute et perte de leurs biens à Saint-Domingue... son père Jean Peltier du Doyer meurt en 1803. C'est son beau-frère, l'armateur nantais François Michaud qui va essayer de gérer au mieux sur place, la succession.



tombeaux vezo dans le Sud de Madagascar

Signature de Fanny PELTIER (épouse de LANGLAIS) recueillie sur les lettres des Archives d'Outre-Mer à Aix, c'est grâce à ces lettres que l'on connaît un peu mieux l'histoire de Marie-Étienne PELTIER.